Limites et asymptotes
📘 Définition
▾
Limite en un point :
signifie que devient arbitrairement proche de quand se rapproche de (sans forcément prendre ).
Limites unilatérales :
Existence :
existe ssi .
Limites infinies :
(ou ) : les valeurs de deviennent arbitrairement grandes (ou très négatives) près de .
Limites à l’infini :
et décrivent le comportement très à droite / très à gauche.
Trou (discontinuité amovible) :
la limite en existe et est finie, mais n’existe pas ou .
Point limite (bord de domaine) :
on étudie la limite quand s’approche d’une valeur frontière du domaine (souvent une seule limite unilatérale).
Asymptote verticale (AV) :
la droite est une AV si ou .
Asymptote horizontale (AH) :
Asymptote oblique (AO) :
la droite est une AO si l’on peut écrire
Définition formelle (``--'') :
signifie
Définition formelle des unilatérales :
Continuité (rappel) :
est continue en si existe et
Continuité sur un intervalle :
est continue sur si elle est continue en tout , et continue sur si en plus
Théorème de la valeur intermédiaire (TVI) :
si est continue sur et si est entre et , alors tel que .
🧮 Formules essentielles
▾
Continuité :
si est continue en , alors .
Règles de calcul (limites finies) :
si et (quand ),
Racines :
si et , alors .
Formes indéterminées classiques (on ne conclut pas !) :
Rationnelles à l’infini :
pour (polynômes) :
- si , alors \ \ \ asymptote horizontale ;
- si , alors \ \ \ asymptote horizontale ;
- si , alors AO : faire la division polynomiale ;
- si , pas d’AH/AO (la croissance est plus forte).
Lien limite asymptote :
Théorème des gendarmes (encadrement) :
si près de et
alors .
Comparaison utile :
si près de et , alors .
Composition (continuité) :
si et est continue en , alors
Valeur absolue :
si , alors .
Limites trigonométriques de base (voisinage de ) :
Équivalents usuels (très pratique pour lever
) : quand ,
(On peut remplacer l’expression par son équivalent dans un quotient pour calculer une limite.)
TVI (formule ``racine'') :
si est continue sur et , alors tel que .
🛠️ Méthodes
▾
Pour calculer
:
- Vérifier le domaine (valeurs interdites, racines, dénominateur, etc.).
- Substitution directe : si possible (fonction continue en ).
- Si on obtient : factoriser et simplifier (ex. ), puis substituer.
- Si des racines créent : rationaliser (multiplier par le conjugué).
- Si le dénominateur mais le numérateur : calculer les limites à gauche et à droite (signe !) pour décider , ou « non définie ».
- Encadrement : trouver avec des limites faciles (théorème des gendarmes).
- Equivalents près de : (sin, tan, ) pour transformer une forme en limite évidente.
- Fonction définie par morceaux : calculer séparément et (et comparer).
Pour déterminer les AV :
- Chercher les valeurs interdites (souvent dans une fraction).
- Pour chaque interdit : calculer et .
- Si au moins une des deux vaut , alors est une AV.
- Astuce signe (rationnelles) : étudier le signe de près de et celui du numérateur.
- Distinguer AV vs trou : si, après simplification d’un facteur , la limite devient finie, alors c’est un trou (pas une AV).
Pour déterminer les AH (à gauche/droite) :
- Calculer et .
- Si la limite vaut un réel , alors est une AHG ou AHD.
- Pour une fonction rationnelle : comparer les degrés (voir Formules essentielles).
- Méthode dominante : : factoriser par la plus grande puissance de au numérateur et au dénominateur.
Pour déterminer une AO (rationnelles) :
- Vérifier que .
- Faire la division polynomiale : .
- Poser et vérifier .
- Conclure : l’AO est .
- Position relative : étudier le signe de pour savoir si la courbe est au-dessus/au-dessous de l’AO à droite/gauche.
Pour esquisser un graphe avec limites et asymptotes :
- Trouver , zéros, signe (si possible), points faciles (ex. ).
- Placer AV/AH/AO et préciser le comportement (vers ou ).
- Ajouter la position par rapport à l’AH/AO via .
- Compléter l’allure globale (continuité sur chaque intervalle du domaine).
- Discontinuités : identifier la nature (trou / saut / AV) et marquer clairement le point (ouvert/fermé) si est (ou non) défini.
Prouver une limite avec -- :
- Partir de et transformer en condition sur .
- Trouver une contrainte du type suffisante.
- Conclure : choisir (souvent une expression simple en ) qui marche.
Utiliser le TVI pour garantir une solution (racine) :
- Vérifier que est continue sur .
- Calculer et et vérifier .
- Conclure : tel que (et on peut approximer par dichotomie).
📈 Interprétations et graphiques
▾
Lecture graphique d’une limite :
- : on zoome autour de ; si la courbe se rapproche d’une hauteur , alors .
- : on lit séparément le comportement à gauche et à droite de .
- : on regarde très à droite / très à gauche : « la courbe plafonne » (AH) ou « suit une droite » (AO).
Interprétation d’une AV :
si est AV, la courbe « monte/descend sans borne » près de .
Interprétation d’une AH :
si est AH, la courbe se rapproche de la droite quand (elle peut la couper).
Interprétation d’une AO :
si avec , alors la courbe se comporte « comme » à l’infini.
Position par rapport à une asymptote :
- Par rapport à une AO : . Si , la courbe est au-dessus ; si , en dessous.
- Par rapport à une AH : (même lecture).
Renforcé : types de discontinuités (lecture graphique) :
- Trou (amovible) : la courbe suit une tendance, mais le point est ``manquant'' (rond vide).
- Saut : deux hauteurs différentes à gauche et à droite ().
- Infinie : AV (la courbe explose vers ).
Graphique 1 : exemple avec AV et AO
On considère : AV en et AO .

Graphique 2 : exemple avec AH
On considère : AH (car degrés égaux et rapport des coefficients directeurs ).

Graphique 3 : trou vs saut
Trou : pour (la courbe suit mais le point manque).
Saut : si et si .

✏️ Exemples-types
▾
Exemple 1 — Trou (forme )
) :
Calculer et interpréter.
On simplifie par :
Interprétation : la limite est finie, donc pas d’AV en . Comme l’expression initiale n’est pas définie en , la courbe a un trou au point .
Complément : si l’on définit , alors la fonction prolongée devient continue en (on ``rebouche'' le trou).
Exemple 2 — AV et limites unilatérales :
Étudier et .
Si , alors (positif très petit), donc .
Si , alors (négatif très petit), donc .
Conclusion :
est une asymptote verticale. Les deux limites unilatérales sont différentes ( et ), donc la limite n’est pas une limite finie (on décrit le comportement avec les unilatérales).
Complément : pour une fraction avec , un petit tableau de signes de et près de suffit souvent pour conclure sur ou .
Exemple 3 — Limite à l’infini et AH :
Calculer et en déduire l’asymptote.
Conclusion : AHD : (et ici aussi AHG : ).
Complément : si , la limite vaut toujours le rapport des coefficients directeurs (sans calcul détaillé), car les termes dominants gouvernent le quotient.
Exemple 4 — AO par division polynomiale :
Déterminer l’AO et l’AV de .
Domaine : . On suspecte une AV en (valeur interdite).
Division :
Comme , on a une AO : .
Pour l’AV : quand , donc est une AV.
Position par rapport à l’AO : .
- Si , alors : la courbe est au-dessus de l’AO.
- Si , alors : la courbe est en dessous de l’AO.
Complément : la décomposition est une méthode générale : pour comparer la courbe à son asymptote, on étudie simplement (signe, et ).
⚠️ Pièges et cas particuliers
▾
Confondre et
: la limite peut exister même si n’existe pas (trou).
Oublier les limites unilatérales :
indispensable si est un bord du domaine ou une valeur interdite.
Conclure trop vite avec une forme indéterminée :
n’est pas une réponse, c’est un signal : il faut transformer l’expression.
Erreur de signe près d’une AV :
toujours analyser le signe de (ou du facteur qui s’annule) à gauche et à droite.
Simplification interdite :
simplifier par est correct pour le calcul de limite (avec ), mais cela ne rend pas la fonction définie en .
À l’infini, ne garder que les termes dominants :
pour les rationnelles, seuls les plus hauts degrés comptent (après factorisation par la plus grande puissance de ).
AH vs AO :
pour :
- : AH (limite finie, éventuellement 0).
- : AO (division polynomiale).
Cas « point limite » :
ex. : on étudie (pas de limite à droite car hors domaine).
La courbe peut couper son asymptote :
ce n’est pas une contradiction (sauf pour une AV, qu’elle ne peut pas traverser car interdit).
Equivalents mal utilisés :
uniquement quand (pas quand ).
Gendarmes sans vérifier l’encadrement :
l’inégalité doit être vraie près de (pas forcément partout).
Limite qui n’existe pas (oscillation) :
l’égalité des unilatérales ne suffit pas si l’une n’existe pas ; près de , des fonctions comme oscillent sans se stabiliser.
:
toujours mettre au même dénominateur ou factoriser avant de conclure.
Attention aux inégalités avec signe inconnu :
multiplier/diviser une inégalité par une quantité dont le signe change peut inverser le sens (mieux : travailler avec des valeurs absolues).
✅ À retenir
▾
Je sais définir et les limites à gauche/droite.
Je vérifie toujours le domaine avant un calcul.
Si est continue en , j’utilise .
En cas de , je factorise/simplifie ou je rationalise.
Si le dénominateur et le numérateur , je calcule les limites unilatérales (signe !).
Je sais trouver les AV : valeurs interdites + limites infinies.
Je sais trouver les AH : limites en (degrés pour les rationnelles).
Je sais trouver une AO : division polynomiale et .
Je sais lire la position au-dessus/dessous via .
Je peux esquisser un graphe en combinant domaine, asymptotes et comportement.
Je connais l’idée de la définition -- d’une limite.
Je sais utiliser un encadrement (théorème des gendarmes).
Je connais les limites trigonométriques de base près de .
Je sais distinguer trou / saut / AV sur un graphe.
Je sais appliquer le TVI pour garantir l’existence d’une racine.