FichesAlgèbre linéaire

Algèbre linéaire · niveau renforcé

Espace vectoriel

Fiche de niveau renforcé · Algèbre linéaire · chapitre 2 · 3 notions : Espace vectoriel réel :, Vecteurs, Vecteur nul

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Définition

Espace vectoriel réel :

un ensemble VV muni de deux opérations

+:V×VV, (u,v)u+vet:R×VV, (α,v)αv+:V\times V\to V,\ (u,v)\mapsto u+v \qquad\text{et}\qquad \cdot:\R\times V\to V,\ (\alpha,v)\mapsto \alpha\cdot v

qui vérifient les 8 axiomes (voir ci-dessous).

Vecteurs

éléments de VV (notation : v,w,u\vect{v},\vect{w},\vect{u}). Scalaires : réels α,βR\alpha,\beta\in\R.

Vecteur nul

0\zero : élément neutre pour l'addition. Opposé de v\vect{v} : v-\vect{v} tel que v+(v)=0\vect{v}+(-\vect{v})=\zero.

Combinaison linéaire :

v=α1v1++αkvk\vect{v}=\alpha_1\vect{v_1}+\cdots+\alpha_k\vect{v_k} avec αiR\alpha_i\in\R.

Sous-espace vectoriel

(SEV) : WVW\subset V est un SEV si

0W,u,vW: u+vW,αR,vW: αvW.\zero\in W,\quad \forall \vect{u},\vect{v}\in W:\ \vect{u}+\vect{v}\in W,\quad \forall \alpha\in\R,\forall \vect{v}\in W:\ \alpha\vect{v}\in W.

Sous-espace engendré

par (v1,,vk)(\vect{v_1},\dots ,\vect{v_k}) :

Vect(v1,,vk)={i=1kαivi | αiR}.\Span(\vect{v_1},\dots ,\vect{v_k})=\left\{\sum_{i=1}^k \alpha_i\vect{v_i}\ \middle|\ \alpha_i\in\R\right\}.

Famille génératrice :

(v1,,vk)(\vect{v_1},\dots ,\vect{v_k}) engendre VV si tout vV\vect{v}\in V s'écrit comme combinaison linéaire des vi\vect{v_i}.

Famille libre :

α1v1++αkvk=0α1==αk=0\alpha_1\vect{v_1}+\cdots+\alpha_k\vect{v_k}=\zero \Rightarrow \alpha_1=\cdots=\alpha_k=0.

Base :

famille libre et génératrice. Dans une base, l'écriture d'un vecteur est unique.

Dimension :

nombre de vecteurs dans une base (notée dim(V)\dimv(V), si VV est de dimension finie).

Base ordonnée

B=(e1,,en)B=(\vect{e_1},\dots ,\vect{e_n}) : l'ordre compte. Si v=i=1nxiei\vect{v}=\sum_{i=1}^n x_i\vect{e_i}, alors

vB=(x1xn)(composantes de v dans la base B).\vect{v}_B=\begin{pmatrix}x_1\\ \vdots\\ x_n\end{pmatrix} \quad\text{(composantes de $\vect{v}$ dans la base $B$).}

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Formules essentielles

Axiomes d'espace vectoriel (sur R\R) :

pour tous u,v,wV\vect{u},\vect{v},\vect{w}\in V et α,βR\alpha,\beta\in\R,

  • u+v=v+u\vect{u}+\vect{v}=\vect{v}+\vect{u} (commutativité)
  • (u+v)+w=u+(v+w)(\vect{u}+\vect{v})+\vect{w}=\vect{u}+(\vect{v}+\vect{w}) (associativité)
  • 0V: 0+v=v\exists\,\zero\in V:\ \zero+\vect{v}=\vect{v} (neutre)
  • v (v): v+(v)=0\forall\vect{v}\ \exists(-\vect{v}):\ \vect{v}+(-\vect{v})=\zero (opposé)
  • α(u+v)=αu+αv\alpha(\vect{u}+\vect{v})=\alpha\vect{u}+\alpha\vect{v} (distributivité I)
  • (α+β)v=αv+βv(\alpha+\beta)\vect{v}=\alpha\vect{v}+\beta\vect{v} (distributivité II)
  • (αβ)v=α(βv)(\alpha\beta)\vect{v}=\alpha(\beta\vect{v}) (associativité mixte)
  • 1v=v1\vect{v}=\vect{v} (neutre multiplicatif)

Conséquences très utiles (valables dans tout EV) :

0v=0,α0=0,(1)v=v,αv=0α=0 ou v=0.0\cdot \vect{v}=\zero,\qquad \alpha\cdot \zero=\zero,\qquad (-1)\vect{v}=-\vect{v},\qquad \alpha\vect{v}=\zero \Rightarrow \alpha=0\ \text{ou}\ \vect{v}=\zero.

Test SEV :

WVW\subset V est un SEV \Longleftrightarrow

0W  et  u,vW, α,βR: αu+βvW.\zero\in W\ \ \text{et}\ \ \forall \vect{u},\vect{v}\in W,\ \forall \alpha,\beta\in\R:\ \alpha\vect{u}+\beta\vect{v}\in W.

Engendrement :

W=Vect(v1,,vk)W=\Span(\vect{v_1},\dots ,\vect{v_k}) est un SEV (le plus petit SEV contenant tous les vi\vect{v_i}).

Liberté :

{v1,,vk}\{\vect{v_1},\dots ,\vect{v_k}\} libre \Longleftrightarrow l'équation
α1v1++αkvk=0\alpha_1\vect{v_1}+\cdots+\alpha_k\vect{v_k}=\zero n'a que la solution triviale.

Base et dimension (dimension finie) :

  • Toute base de VV a le même nombre de vecteurs : dim(V)\dimv(V).
  • Dans un espace de dimension nn :

(libre de n vecteurs)  base,(geˊneˊratrice de n vecteurs)  base.\text{(libre de $n$ vecteurs)}\ \Longrightarrow\ \text{base},\qquad \text{(génératrice de $n$ vecteurs)}\ \Longrightarrow\ \text{base}.

  • Toute famille de plus de nn vecteurs est liée (dépendante).

Somme et intersection (dimension finie) :

V1+V2={v1+v2v1V1, v2V2},V1V2={vvV1 et vV2},V_1+V_2=\{\vect{v_1}+\vect{v_2}\mid \vect{v_1}\in V_1,\ \vect{v_2}\in V_2\},\qquad V_1\cap V_2=\{\vect{v}\mid \vect{v}\in V_1\ \text{et}\ \vect{v}\in V_2\},

dim(V1+V2)=dim(V1)+dim(V2)dim(V1V2).\dimv(V_1+V_2)=\dimv(V_1)+\dimv(V_2)-\dimv(V_1\cap V_2).

Dans Rn\R^n :

une famille de nn vecteurs est une base \Longleftrightarrow le déterminant de la matrice formée par ces vecteurs (en colonnes) est non nul.

🛠️

Méthodes

Pour montrer que (V,+,)(V,+,\cdot) est un espace vectoriel :

  • Vérifier la stabilité : u+vVu+v\in V et αuV\alpha u\in V.
  • Vérifier les 8 axiomes (souvent : identifier le neutre 0\zero, puis l'opposé v-v).

Pour montrer qu'un ensemble n'est pas un espace vectoriel :

  • Choisir un axiome à viser (souvent : neutre, opposé, ou distributivité).
  • Trouver un contre-exemple concret (un calcul qui force une contradiction).
  • Conclure : « l'axiome (X) échoue, donc ce n'est pas un EV ».

Pour tester si WVW\subset V est un sous-espace vectoriel (SEV) :

  • Vérifier 0W\zero\in W.
  • Vérifier u,vWu+vW\vect{u},\vect{v}\in W \Rightarrow \vect{u}+\vect{v}\in W.
  • Vérifier αR,vWαvW\alpha\in\R,\vect{v}\in W \Rightarrow \alpha\vect{v}\in W.
  • Variante rapide : vérifier directement αu+βvW\alpha\vect{u}+\beta\vect{v}\in W.

Pour décrire Vect(v1,,vk)\Span(\vect{v_1},\dots ,\vect{v_k}) :

  • Écrire un vecteur général : x=α1v1++αkvk\vect{x}=\alpha_1\vect{v_1}+\cdots+\alpha_k\vect{v_k}.
  • Regrouper les coordonnées et paramétrer (par exemple avec s,t,s,t,\dots).
  • Interprétation : droite (1 vecteur non nul), plan (2 vecteurs indépendants), etc.

Pour tester si une famille est libre (dans Rn\R^n) :

  • Résoudre l'équation homogène α1v1++αkvk=0\alpha_1\vect{v_1}+\cdots+\alpha_k\vect{v_k}=\zero.
  • Si seule solution : libre. Sinon : liée.
  • Technique pratique : écrire la matrice A=[v1  vk]A=[\vect{v_1}\ \cdots\ \vect{v_k}] et faire une réduction (élimination de Gauss).

Pour tester si une famille engendre Rn\R^n :

  • Former A=[v1  vk]A=[\vect{v_1}\ \cdots\ \vect{v_k}].
  • Vérifier que pour tout bRn\vect{b}\in\R^n, le système Ax=bA\vect{x}=\vect{b} est soluble.
  • En pratique : il faut obtenir au moins nn pivots (rang nn). Si k<nk<n, impossible d'engendrer Rn\R^n.

Pour décider si une famille est une base :

  • Dans un espace de dimension nn : une famille de nn vecteurs est une base si elle est libre (ou si elle est génératrice).
  • Sinon : vérifier libre + génératrice.

Pour extraire une base d'une famille génératrice :

  • Si un vecteur est combinaison linéaire des autres, on peut le supprimer sans perdre l'engendrement.
  • Répéter jusqu'à obtenir une famille génératrice et libre.

Pour trouver les coordonnées vB\vect{v}_B dans une base ordonnée B=(e1,,en)B=(\vect{e_1},\dots ,\vect{e_n}) :

  • Écrire v=x1e1++xnen\vect{v}=x_1\vect{e_1}+\cdots+x_n\vect{e_n}.
  • Résoudre le système (sur x1,,xnx_1,\dots ,x_n).
  • Conclure vB=(x1xn)\vect{v}_B=\begin{pmatrix}x_1\\ \vdots\\ x_n\end{pmatrix}.
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Interprétations et graphiques

Lecture géométrique (dans R2\R^2 et R3\R^3) :

  • Dans R2\R^2, un SEV est soit {0}\{\zero\}, soit une droite vectorielle (droite passant par l'origine), soit R2\R^2.
  • Dans R3\R^3, un SEV est soit {0}\{\zero\}, soit une droite vectorielle, soit un plan vectoriel (plan passant par l'origine), soit R3\R^3.

Attention affine vs vectoriel :

  • Une droite/plan ne passant pas par l'origine n'est pas un SEV (car 0W\zero\notin W).
  • Beaucoup d'ensembles définis par une équation non homogène (ex. 2x+y=32x+y=3) ne sont pas des SEV.

Engendrer = prendre toutes les combinaisons linéaires :

Vect(u)\Span(\vect{u}) (avec u0\vect{u}\neq \zero) : une droite vectorielle.

Vect(u,v)\Span(\vect{u},\vect{v}) :

  • si u\vect{u} et v\vect{v} sont liés \Rightarrow une droite,
  • s'ils sont libres \Rightarrow un plan vectoriel (dans R3\R^3) ou tout R2\R^2 (dans R2\R^2).

Autres modèles d'espaces vectoriels :

polynômes (degré n\le n), fonctions (sur un intervalle), matrices m×nm\times n avec les opérations usuelles.

Figure : Espace vectoriel (Algèbre linéaire, niveau renforcé)

✏️

Exemples-types

Exemple 1 — Une « addition modifiée » : espace vectoriel ou non ?

Sur R2\R^2, on définit

(x;y)+(x;y)=(x+x+1 ; y+y+1),α(x;y)=(αx ; αy).(x;y)+(x';y')=(x+x'+1\ ;\ y+y'+1),\qquad \alpha(x;y)=(\alpha x\ ;\ \alpha y).

Question : (R2,+,)(\R^2,+,\cdot) est-il un espace vectoriel ?

Solution. Cherchons un élément neutre 0\zero pour l'addition. Il faudrait un vecteur (a;b)(a;b) tel que pour tout (x;y)(x;y),

(x;y)+(a;b)=(x;y).(x;y)+(a;b)=(x;y).

Or
(x;y)+(a;b)=(x+a+1 ; y+b+1)=(x;y)(x;y)+(a;b)=(x+a+1\ ;\ y+b+1)=(x;y)

impose a+1=0a+1=0 et b+1=0b+1=0, donc (a;b)=(1;1)(a;b)=(-1;-1). Testons aussi l'autre côté (commutativité est vraie ici), mais surtout vérifions que cet élément agit bien comme neutre :
(1;1)+(x;y)=(1+x+1 ; 1+y+1)=(x;y),(-1;-1)+(x;y)=(-1+x+1\ ;\ -1+y+1)=(x;y),

donc (a;b)=(1;1)(a;b)=(-1;-1) convient comme neutre.
Mais regardons l'axiome (4) : pour tout (x;y)(x;y), il faut un opposé (u;v)(u;v) tel que
(x;y)+(u;v)=(1;1).(x;y)+(u;v)=(-1;-1).

Cela donne (x+u+1 ; y+v+1)=(1;1)(x+u+1\ ;\ y+v+1)=(-1;-1), donc u=x2u=-x-2 et v=y2v=-y-2. L'opposé existe.
Le problème vient de la distributivité (6) :
(α+β)(x;y)=?α(x;y)+β(x;y).(\alpha+\beta)(x;y)\stackrel{?}{=}\alpha(x;y)+\beta(x;y).

À gauche :
(α+β)(x;y)=((α+β)x ; (α+β)y).(\alpha+\beta)(x;y)=((\alpha+\beta)x\ ;\ (\alpha+\beta)y).

À droite, avec l'addition définie :
α(x;y)+β(x;y)=(αx ; αy)+(βx ; βy)=(αx+βx+1 ; αy+βy+1).\alpha(x;y)+\beta(x;y)=(\alpha x\ ;\ \alpha y)+(\beta x\ ;\ \beta y)=(\alpha x+\beta x+1\ ;\ \alpha y+\beta y+1).

On obtient un +1+1 en trop : les deux côtés ne peuvent pas être égaux pour tout (x;y)(x;y).
Conclusion : ce n'est pas un espace vectoriel (axiome (6) faux).

Exemple 2 — Sous-espace : H={(x1;x2;x3)R3x1+x2=0}H=\{(x_1;x_2;x_3)\in\R^3\mid x_1+x_2=0\}

Question : HH est-il un SEV de R3\R^3 ? Donner une base et dim(H)\dimv(H).

Solution.

0=(0;0;0)\zero=(0;0;0) vérifie 0+0=00+0=0, donc 0H\zero\in H.

Si u=(x1;x2;x3)H\vect{u}=(x_1;x_2;x_3)\in H et v=(y1;y2;y3)H\vect{v}=(y_1;y_2;y_3)\in H, alors x1+x2=0x_1+x_2=0 et y1+y2=0y_1+y_2=0. Donc

(x1+y1)+(x2+y2)=(x1+x2)+(y1+y2)=0,(x_1+y_1)+(x_2+y_2)=(x_1+x_2)+(y_1+y_2)=0,

ainsi u+vH\vect{u}+\vect{v}\in H.

Si αR\alpha\in\R et uH\vect{u}\in H, alors (αx1)+(αx2)=α(x1+x2)=0(\alpha x_1)+(\alpha x_2)=\alpha(x_1+x_2)=0, donc αuH\alpha\vect{u}\in H.

Donc HH est un SEV. Pour une base, on paramètre : x2=x1x_2=-x_1. Posons x1=tx_1=t et x3=sx_3=s :

(x1;x2;x3)=(t;t;s)=t(1;1;0)+s(0;0;1).(x_1;x_2;x_3)=(t;-t;s)=t(1;-1;0)+s(0;0;1).

Ainsi,
H=Vect((1;1;0),(0;0;1)),H=\Span\big((1;-1;0),(0;0;1)\big),

et ces deux vecteurs sont libres.
Conclusion : une base possible est ((1;1;0),(0;0;1))\big((1;-1;0),(0;0;1)\big) et dim(H)=2\dimv(H)=2.

Exemple 3 — Polynômes P2P_2 (degré 2\le 2) : base et coordonnées

Soit P2={ax2+bx+ca,b,cR}P_2=\{ax^2+bx+c\mid a,b,c\in\R\} avec les opérations usuelles.

(a) Montrer que P2P_2 est un espace vectoriel.
Idée : les opérations usuelles vérifient les axiomes (associativité/commutativité de ++, existence de 0(x)=00(x)=0, opposé p-p, distributivités, etc.) et la stabilité est claire : somme et multiple scalaire de polynômes de degré 2\le 2 restent de degré 2\le 2.

(b) Montrer que (1,x,x2)(1,x,x^2) est une base de P2P_2 et trouver les coordonnées de p(x)=2x23x+5p(x)=2x^2-3x+5.
Tout p(x)=ax2+bx+cp(x)=ax^2+bx+c s'écrit

p(x)=c1+bx+ax2,p(x)=c\cdot 1+b\cdot x+a\cdot x^2,

donc la famille (1,x,x2)(1,x,x^2) est génératrice. Si
α1+βx+γx2=0 (polynoˆme nul),\alpha\cdot 1+\beta\cdot x+\gamma\cdot x^2=0 \ (\text{polynôme nul}),

alors tous les coefficients sont nuls : α=β=γ=0\alpha=\beta=\gamma=0, donc la famille est libre. C'est une base.
Dans la base ordonnée B=(1,x,x2)B=(1,x,x^2) :
2x23x+5=51+(3)x+2x2pB=(532).2x^2-3x+5=5\cdot 1+(-3)\cdot x+2\cdot x^2 \quad\Rightarrow\quad p_B=\begin{pmatrix}5\\-3\\2\end{pmatrix}.

Exemple 4 — Liberté, engendrement et complétion en base dans R3\R^3

Soient v1=(1;2;0)\vect{v_1}=(1;2;0) et v2=(0;1;3)\vect{v_2}=(0;1;3).

(a) Montrer que v1,v2\vect{v_1},\vect{v_2} sont libres.
Résolvons αv1+βv2=0\alpha\vect{v_1}+\beta\vect{v_2}=\zero :

α(1;2;0)+β(0;1;3)=(α; 2α+β; 3β)=(0;0;0).\alpha(1;2;0)+\beta(0;1;3)=(\alpha;\ 2\alpha+\beta;\ 3\beta)=(0;0;0).

Donc α=0\alpha=0 puis 3β=0β=03\beta=0\Rightarrow \beta=0. Seule solution triviale \Rightarrow libres.

(b) Montrer qu'ils n'engendrent pas R3\R^3.
Avec seulement 2 vecteurs, l'espace engendré Vect(v1,v2)\Span(\vect{v_1},\vect{v_2}) a une dimension 2\le 2, donc il ne peut pas être tout R3\R^3 (qui a dimension 33). Ainsi, ils n'engendrent pas R3\R^3.

(c) Trouver v3\vect{v_3} pour que (v1,v2,v3)(\vect{v_1},\vect{v_2},\vect{v_3}) engendre R3\R^3.
Choisissons un vecteur pas dans Vect(v1,v2)\Span(\vect{v_1},\vect{v_2}), par exemple v3=(1;0;0)\vect{v_3}=(1;0;0). Vérifions qu'il n'est pas combinaison linéaire de v1,v2\vect{v_1},\vect{v_2} :

α(1;2;0)+β(0;1;3)=(1;0;0){α=1,2α+β=0β=2,3β=0β=0,\alpha(1;2;0)+\beta(0;1;3)=(1;0;0) \Rightarrow \begin{cases} \alpha=1,\\ 2\alpha+\beta=0 \Rightarrow \beta=-2,\\ 3\beta=0 \Rightarrow \beta=0, \end{cases}

contradiction. Donc v3Vect(v1,v2)\vect{v_3}\notin\Span(\vect{v_1},\vect{v_2}). Ainsi, v1,v2,v3\vect{v_1},\vect{v_2},\vect{v_3} sont libres, et une famille libre de 3 vecteurs dans R3\R^3 est une base : elle engendre R3\R^3.

⚠️

Pièges et cas particuliers

Oublier le vecteur nul :

si 0W\zero\notin W, alors WW n'est jamais un SEV.

Confusion droite/plan affine vs vectoriel :

ax+by=cax+by=c avec c0c\neq 0 décrit en général un ensemble affine (pas un SEV).

Stabilité mal vérifiée :

pour un SEV, il faut les deux : stabilité par addition et par multiplication scalaire.

Opérations non usuelles :

si ++ ou \cdot sont modifiés, ne pas « supposer » les axiomes : il faut les retester.

Vecteur nul dans une famille libre :

une famille libre ne contient pas 0\zero.

Liberté vs engendrement :

libre ⇏\not\Rightarrow génératrice (ex. 2 vecteurs libres dans R3\R^3).

Dimension :

toutes les bases ont le même nombre de vecteurs ; si une famille a plus de vecteurs que la dimension, elle est liée.

Ordre d'une base :

pour parler de composantes vB\vect{v}_B, la base doit être ordonnée (parenthèses).

Somme de SEV :

V1V2V_1\cup V_2 est rarement un SEV (sauf si l'un est inclus dans l'autre) ; la bonne construction est V1+V2V_1+V_2.

À retenir

Je connais les 2 opérations d'un espace vectoriel (++ et \cdot) et leur domaine.

Je sais énoncer les 8 axiomes d'espace vectoriel.

Je sais utiliser les conséquences : 0v=00\vect{v}=\zero, (1)v=v(-1)\vect{v}=-\vect{v}, etc.

Je sais tester un sous-espace avec 0\zero, stabilité par ++ et par \cdot.

Je sais écrire une combinaison linéaire et décrire Vect(v1,,vk)\Span(\vect{v_1},\dots ,\vect{v_k}).

Je sais décider si une famille est libre (équation homogène) ou liée.

Je sais décider si une famille est génératrice (résolution de systèmes / rang intuitif).

Je sais vérifier qu'une famille est une base (libre+génératrice, ou critère en dimension finie).

Je sais donner une base et la dimension d'un SEV simple (droite/plan vectoriel, équation homogène).

Je sais trouver les coordonnées vB\vect{v}_B dans une base ordonnée.

Je sais reconnaître les pièges : affine \neq vectoriel, union \neq somme, oubli de 0\zero.

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