FichesFondements & logique

Fondements & logique · niveau commun

Méthodes de démonstration

Fiche de niveau commun · Fondements & logique · chapitre 2 · 3 notions : Démonstration directe, Démonstration par contraposée, Démonstration par l'absurde

📘

Définition

Démonstration directe

pour prouver PQP \Rightarrow Q, on suppose PP vraie et on montre par une suite d'implications que QQ est vraie.

Démonstration par contraposée

pour prouver PQP \Rightarrow Q, on démontre l'implication équivalente ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P.

Démonstration par l'absurde

pour prouver une proposition PP, on suppose ¬P\neg P et on aboutit à une contradiction. On conclut que PP est vraie.

Démonstration par récurrence

méthode pour prouver une propriété P(n)P(n) pour tout nn0n \geq n_0 (nNn \in \N). Elle se fait en deux étapes : initialisation et hérédité.

Démonstration par disjonction de cas

on découpe l'ensemble des possibilités en plusieurs cas exhaustifs et on prouve la propriété dans chaque cas.

Démonstration par contre-exemple

pour réfuter une proposition x,P(x)\forall x, P(x), il suffit d'exhiber un x0x_0 tel que P(x0)P(x_0) est fausse.

🧮

Formules essentielles

Principe de récurrence

Soit P(n)P(n) une propriété dépendant d'un entier nn0n \geq n_0. Si :

(1)  P(n0) est vraieet(2)  nn0,  P(n)P(n+1),(1)\; P(n_0) \text{ est vraie} \quad \text{et} \quad (2)\; \forall n \geq n_0,\; P(n) \Rightarrow P(n+1),

alors P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \geq n_0.

Récurrence forte (variante)

Si P(n0)P(n_0) est vraie et si (P(n0)P(n0+1)P(n))P(n+1)\big(P(n_0) \land P(n_0+1) \land \dots \land P(n)\big) \Rightarrow P(n+1), alors P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \geq n_0.

Principe du tiers exclu

pour toute proposition PP, P¬PP \lor \neg P est vraie. C'est la base de la démonstration par l'absurde.

🛠️

Méthodes

Démonstration par récurrence (schéma standard) :

  • Énoncer clairement P(n)P(n) (la propriété à démontrer).
  • Initialisation : vérifier P(n0)P(n_0) (souvent n0=0n_0 = 0 ou 11).
  • Hérédité : soit nn0n \geq n_0. Supposer P(n)P(n) vraie (hypothèse de récurrence) et démontrer P(n+1)P(n+1).
  • Conclusion : par récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \geq n_0.

Démonstration par l'absurde (schéma) :

  • Énoncer ce qu'on veut prouver : PP.
  • Supposer ¬P\neg P.
  • Dérouler les conséquences jusqu'à une contradiction (par exemple 0=10 = 1, ou un élément à la fois dans et hors d'un ensemble).
  • Conclure que l'hypothèse ¬P\neg P est fausse, donc PP est vraie.

Démonstration par contraposée (schéma) :

  • Objectif : prouver PQP \Rightarrow Q.
  • Écrire la contraposée ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P.
  • Supposer ¬Q\neg Q et démontrer ¬P\neg P directement.
  • Conclure que PQP \Rightarrow Q est vraie.

Démonstration par disjonction de cas :

  • Identifier une partition exhaustive (ex : nn pair ou impair ; x>0x > 0, x=0x = 0 ou x<0x < 0).
  • Prouver la propriété dans chaque cas.
  • Conclure.
✏️

Exemples-types

Exemple 1 — Récurrence : somme des entiers consécutifs

Montrons que P(n)P(n) : k=1nk=n(n+1)2\displaystyle \sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2} pour tout n1n \geq 1.

Initialisation

pour n=1n = 1 : k=11k=1\sum_{k=1}^{1} k = 1 et 122=1\frac{1 \cdot 2}{2} = 1. P(1)P(1) est vraie.

Hérédité

supposons P(n)P(n) vraie. Alors :

k=1n+1k=k=1nk+(n+1)=n(n+1)2+(n+1)=(n+1)(n+2)2.\sum_{k=1}^{n+1} k = \sum_{k=1}^{n} k + (n+1) = \frac{n(n+1)}{2} + (n+1) = \frac{(n+1)(n+2)}{2}.

Donc P(n+1)P(n+1) est vraie.

Conclusion

par récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout n1n \geq 1.

Exemple 2 — Absurde : irrationnalité de 2\sqrt{2}

Montrons que 2\sqrt{2} est irrationnel. Supposons par l'absurde que 2=pq\sqrt{2} = \frac{p}{q} avec p,qNp, q \in \N^* premiers entre eux. Alors p2=2q2p^2 = 2q^2, donc p2p^2 est pair, donc pp est pair : p=2kp = 2k. D'où 4k2=2q24k^2 = 2q^2, soit q2=2k2q^2 = 2k^2, donc qq est pair. Mais alors pp et qq sont tous deux pairs, ce qui contredit l'hypothèse qu'ils soient premiers entre eux. 2\sqrt{2} est donc irrationnel.

Exemple 3 — Contraposée : « si n2n^2 pair, alors nn pair »

Contraposée : « si nn impair, alors n2n^2 impair ». Si n=2k+1n = 2k+1, alors n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2+2k) + 1 est impair. Donc l'énoncé de départ est vrai.

⚠️

Pièges et cas particuliers

Oublier l'initialisation

une récurrence sans initialisation ne démontre rien. Vérifier systématiquement le premier cas.

Hypothèse de récurrence mal utilisée

on suppose P(n)P(n) vraie uniquement pour un nn quelconque fixé, pas pour tous les nn. L'objectif est alors de démontrer P(n+1)P(n+1).

Confusion entre absurde et contraposée

la contraposée prouve PQP \Rightarrow Q en démontrant ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P. L'absurde suppose ¬P\neg P pour aboutir à une contradiction.

Récurrence sur des cas non entiers

la récurrence fonctionne sur N\N (ou un sous-ensemble de N\N). On ne peut pas faire une récurrence directement sur R\R.

Contre-exemple insuffisant

un contre-exemple réfute uniquement une proposition universelle. Il ne démontre jamais une proposition positive.

À retenir

Je connais les 4 méthodes principales : directe, contraposée, absurde, récurrence.

Je sais écrire une démonstration par récurrence avec initialisation, hérédité et conclusion.

Je sais utiliser l'hypothèse de récurrence correctement dans l'étape d'hérédité.

Je sais faire une démonstration par l'absurde (supposer le contraire, chercher contradiction).

Je sais reformuler une implication via sa contraposée quand c'est plus simple.

Je sais qu'un contre-exemple réfute x,P(x)\forall x, P(x) mais ne prouve rien de positif.

Télécharger l'app gratuitement