FichesFondements & logique

Fondements & logique · niveau commun

Logique mathématique

Fiche de niveau commun · Fondements & logique · chapitre 1 · 3 notions : Proposition, Négation, Conjonction

📘

Définition

Proposition

énoncé mathématique qui est soit vrai (V), soit faux (F). Exemple : « 2+2=42+2=4 » est vraie ; « tout nombre premier est impair » est fausse.

Négation

de PP, notée ¬P\neg P (ou P\overline{P}) : proposition qui est vraie exactement quand PP est fausse.

Conjonction

PQP \land QPP et QQ ») : vraie si et seulement si PP et QQ sont toutes deux vraies.

Disjonction

PQP \lor QPP ou QQ ») : vraie si au moins l'une des deux est vraie (ou inclusif).

Implication

PQP \Rightarrow Q (« si PP alors QQ ») : fausse uniquement quand PP est vraie et QQ fausse ; vraie dans tous les autres cas.

Équivalence

PQP \Leftrightarrow QPP équivaut à QQ ») : vraie si PP et QQ ont la même valeur de vérité.

Réciproque

de PQP \Rightarrow Q : c'est QPQ \Rightarrow P. Attention : une implication et sa réciproque ne sont pas équivalentes en général.

Contraposée

de PQP \Rightarrow Q : c'est ¬Q¬P\neg Q \Rightarrow \neg P. Elle est toujours équivalente à l'implication de départ.

Quantificateur universel

\forall (« pour tout »). xE,P(x)\forall x \in E, P(x) signifie que P(x)P(x) est vraie pour chaque élément xx de EE.

Quantificateur existentiel

\exists (« il existe »). xE,P(x)\exists x \in E, P(x) signifie qu'il existe au moins un xx dans EE tel que P(x)P(x) est vraie.

Contre-exemple

un élément particulier qui prouve qu'une proposition du type x,P(x)\forall x, P(x) est fausse.

🧮

Formules essentielles

Lois de De Morgan

¬(PQ)(¬P)(¬Q),¬(PQ)(¬P)(¬Q).\neg(P \land Q) \Leftrightarrow (\neg P) \lor (\neg Q), \qquad \neg(P \lor Q) \Leftrightarrow (\neg P) \land (\neg Q).

Négation d'une implication

¬(PQ)P¬Q.\neg(P \Rightarrow Q) \Leftrightarrow P \land \neg Q.

Contraposition

(PQ)(¬Q¬P).(P \Rightarrow Q) \Leftrightarrow (\neg Q \Rightarrow \neg P).

Équivalence et double implication

(PQ)((PQ)(QP)).(P \Leftrightarrow Q) \Leftrightarrow \big((P \Rightarrow Q) \land (Q \Rightarrow P)\big).

Négation des quantificateurs

¬(xE,  P(x))(xE,  ¬P(x)),\neg\big(\forall x \in E,\; P(x)\big) \Leftrightarrow \big(\exists x \in E,\; \neg P(x)\big),

¬(xE,  P(x))(xE,  ¬P(x)).\neg\big(\exists x \in E,\; P(x)\big) \Leftrightarrow \big(\forall x \in E,\; \neg P(x)\big).

Table de vérité de l'implication

PQP \Rightarrow Q est vraie sauf si PP est vraie et QQ fausse. En particulier, « faux implique n'importe quoi » est toujours vraie.

🛠️

Méthodes

Pour nier une proposition avec quantificateurs :

  • Remplacer \forall par \exists et inversement.
  • Nier la proposition interne.
  • Exemple : ¬(xR,  x20)=xR,  x2<0\neg(\forall x \in \R,\; x^2 \geq 0) = \exists x \in \R,\; x^2 < 0 (ici faux, car la proposition initiale est vraie).

Pour prouver une équivalence PQP \Leftrightarrow Q :

  • Méthode directe : prouver les deux implications PQP \Rightarrow Q et QPQ \Rightarrow P.
  • Méthode par chaîne d'équivalences : PP1P2QP \Leftrightarrow P_1 \Leftrightarrow P_2 \Leftrightarrow \dots \Leftrightarrow Q (vérifier que chaque étape est bien une équivalence).

Pour réfuter une proposition universelle x,P(x)\forall x, P(x) :

  • Trouver un contre-exemple : un x0x_0 tel que P(x0)P(x_0) est fausse.
  • Un seul contre-exemple suffit.

Pour démontrer x,P(x)\exists x, P(x) :

  • Exhiber explicitement un élément x0x_0 et vérifier que P(x0)P(x_0) est vraie.
  • Ou faire une preuve d'existence non constructive (plus rare au lycée).
✏️

Exemples-types

Exemple 1 — Nier « tous les nombres pairs sont divisibles par 4 »

Énoncé : nZ,(n pair)(4n)\forall n \in \Z, (n \text{ pair}) \Rightarrow (4 \mid n).

Négation : nZ,(n pair)(4n)\exists n \in \Z, (n \text{ pair}) \land (4 \nmid n).

Contre-exemple : n=6n = 6 est pair mais pas divisible par 44. Donc l'énoncé est faux.

Exemple 2 — Contraposée pour simplifier une démonstration

Prouver : « si n2n^2 est pair, alors nn est pair » (nZn \in \Z).

La contraposée est plus simple : « si nn est impair, alors n2n^2 est impair ». Si n=2k+1n = 2k+1, alors n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2 = 4k^2+4k+1 = 2(2k^2+2k)+1 est impair. La contraposée étant vraie, l'implication initiale l'est aussi.

Exemple 3 — Distinguer implication et réciproque

PP : « x=2x = 2 ». QQ : « x2=4x^2 = 4 ».

PQP \Rightarrow Q est vraie. Mais la réciproque QPQ \Rightarrow P est fausse : x=2x = -2 vérifie QQ mais pas PP. Donc PP et QQ ne sont pas équivalentes.

⚠️

Pièges et cas particuliers

Confondre « ou » exclusif et inclusif

en mathématiques, « ou » est toujours inclusif : PQP \lor Q est vraie si au moins l'une des deux est vraie, y compris quand les deux sont vraies.

Confondre implication et équivalence

PQP \Rightarrow Q ne veut pas dire QPQ \Rightarrow P. Toujours vérifier dans quel sens l'énoncé est écrit.

Confondre réciproque et contraposée

la contraposée est logiquement équivalente à l'implication de départ ; la réciproque, non.

Nier partiellement une proposition complexe

dans ¬(x,P(x)Q(x))\neg(\forall x, P(x) \Rightarrow Q(x)), on obtient x,P(x)¬Q(x)\exists x, P(x) \land \neg Q(x). Attention à bien nier aussi l'implication intérieure.

Ordre des quantificateurs

x,y\forall x, \exists y et y,x\exists y, \forall x ne signifient pas la même chose. Exemple : xR,y,x<y\forall x \in \R, \exists y, x < y est vrai, mais y,x,x<y\exists y, \forall x, x < y est faux.

À retenir

Je sais écrire la négation de PQP \land Q, PQP \lor Q, PQP \Rightarrow Q.

Je sais former la contraposée et la réciproque d'une implication.

Je sais nier une proposition avec quantificateurs \forall et \exists.

Je sais trouver un contre-exemple pour réfuter une proposition universelle.

Je sais prouver une équivalence en séparant les deux implications.

Je sais que la contraposée est équivalente à l'implication, mais pas la réciproque.

Télécharger l'app gratuitement